Pénalités légales pour le trading de crypto-monnaies en Bolivie en 2026

Pénalités légales pour le trading de crypto-monnaies en Bolivie en 2026
Robert Knowles 26 févr. 2026 0 Commentaires Cryptomonnaies

En 2026, la Bolivie a complètement changé de politique sur les crypto-monnaies. Ce n’est plus un pays où trader en crypto est interdit et puni. C’est maintenant un pays où les transactions sont légales… mais seulement si elles passent par les canaux autorisés. Ce changement, qui est intervenu en juin 2024, a transformé la manière dont les autorités traitent les violations. Les pénalités ne s’appliquent plus à l’achat ou à la détention de Bitcoin, Ethereum ou autres. Elles ciblent désormais un seul point : contourner les banques agréées.

De l’interdiction totale à la régulation stricte

En 2014, la Banque centrale de Bolivie (BCB) avait interdit totalement l’utilisation des crypto-monnaies. À l’époque, toute activité liée à Bitcoin, Litecoin ou même à des stablecoins comme USDT était considérée comme illégale. Les utilisateurs risquaient des sanctions, mais les détails des pénalités n’ont jamais été rendus publics. L’objectif était simple : protéger le bolivien, la monnaie nationale, contre ce qu’on voyait comme une menace instable.

Puis, en juin 2024, tout a basculé. La résolution N°082/2024 a abrogé l’interdiction. Le pays a adopté une approche différente : au lieu de dire « non », il a dit « oui, mais sous contrôle ».

Désormais, les crypto-monnaies ne sont pas une monnaie légale. On ne peut pas payer un loyer ou une facture en Bitcoin directement. Mais on peut les utiliser - et même les échanger - si tout passe par une banque ou un prestataire de paiement électronique agréé. C’est cette condition qui fait toute la différence.

Qui contrôle quoi en 2026 ?

La régulation n’est pas gérée par un seul organisme. Trois entités travaillent ensemble :

  • La Banque centrale de Bolivie (BCB) : elle fixe les règles et surveille les transactions.
  • L’Autorité de surveillance du système financier (ASFI) : elle vérifie que les entreprises respectent les normes.
  • L’Unité d’enquête financière : elle cherche les opérations suspectes, comme le blanchiment ou les transferts vers des listes d’interdits internationaux.
Les banques doivent signaler chaque jour toutes les transactions en crypto. Elles doivent aussi vérifier si les adresses concernées sont sur les listes de sanctions de l’ONU ou d’autres organismes internationaux. Si une transaction échappe à ce contrôle, elle est automatiquement signalée comme irrégulière.

Quelles sont les pénalités aujourd’hui ?

Il n’y a pas de tableau officiel avec des amendes fixes comme « 5 000 bolivianos pour trading non déclaré ». Les pénalités ne sont pas publiées. Pourquoi ? Parce qu’elles sont appliquées de manière flexible, selon la gravité et la répétition de l’infraction.

Les sanctions ciblent trois types d’activités :

  1. Utiliser des plateformes non agréées : si vous achetez des crypto sur Binance ou Kraken sans passer par une banque bolivienne, vous êtes en infraction. Même si vous ne vendez pas, simplement transférer des fonds vers ces plateformes peut déclencher une enquête.
  2. Ne pas déclarer les revenus commerciaux : si vous minez, stakiez ou vendez des services en crypto, vous êtes considéré comme une entreprise. Et là, vous devez payer 25 % d’impôt sur les sociétés. Ne pas le faire, c’est un délit fiscal.
  3. Utiliser des crypto pour payer des factures hors canaux autorisés : un commerçant qui accepte USDT directement en caisse, sans passer par une banque agréée, s’expose à des sanctions administratives, voire à la fermeture de son compte bancaire.
Les particuliers qui achètent et vendent des crypto pour leur compte personnel - sans activité commerciale - ne sont pas taxés. C’est un avantage majeur par rapport à d’autres pays. Mais ils doivent quand même utiliser des canaux légaux. Sinon, ils risquent une enquête pour contournement du système financier.

Un commerçant reçoit son salaire en bolivianos après conversion, tandis qu'une plateforme non autorisée est interdite.

Les données récentes montrent une adoption massive

En un an, les transactions en crypto ont bondi de 630 %. En janvier 2024, elles représentaient 46,5 millions de dollars. En juin 2025, elles avaient atteint 294 millions de dollars. Cela signifie que des dizaines de milliers de Boliviens utilisent les crypto - mais presque tous via des banques.

Banco Bisa, l’une des plus grandes banques du pays, a lancé un service de garde pour USDT en octobre 2024. Depuis, plus de 15 millions de dollars par mois transitent par ses systèmes. 86 % des utilisateurs sont des particuliers. Trois sur quatre sont des hommes. La plupart utilisent des stablecoins, surtout Tether (USDT), parce qu’elles sont stables et acceptées par les banques.

Cela montre une chose : les gens veulent utiliser les crypto. Mais ils veulent le faire en toute sécurité. Et la Bolivie a créé un système qui leur permet de le faire - à condition de respecter les règles.

Les exceptions : les entreprises et les impôts

Si vous êtes un particulier, vous pouvez trader librement - tant que vous utilisez une banque autorisée. Vous ne payez pas d’impôt sur les gains. C’est rare dans le monde.

Mais si vous êtes une entreprise, c’est différent. Si vous miniez du Bitcoin, si vous stakiez des crypto, si vous acceptez des stablecoins pour payer vos clients… vous êtes un opérateur commercial. Et vous devez :

  • Vous enregistrer auprès de l’ASFI
  • Utiliser uniquement des canaux bancaires agréés
  • Déclarer vos revenus et payer 25 % d’impôt sur les bénéfices
Ne pas le faire, c’est un risque majeur. Les entreprises qui ignorent ces règles ont déjà vu leurs comptes bancaires gelés. Certaines ont été contraintes de fermer.

Trois agences gouvernementales boliviennes contrôlent les transactions crypto via un tableau de bord sécurisé, entouré d'un mur légal.

Quels outils sont autorisés en 2026 ?

Seuls les stablecoins sont largement utilisés et acceptés : USDT (Tether) et USDC (Circle). Les autres crypto comme Bitcoin, Solana ou Dogecoin ne sont pas interdites, mais elles sont rarement traitées par les banques. Pourquoi ? Parce qu’elles sont trop volatiles. Les institutions préfèrent les monnaies liées au dollar.

Les plateformes de trading comme Binance ne sont pas interdites en Bolivie - mais elles ne sont pas agréées. Les utilisateurs peuvent y accéder depuis leur téléphone, mais toute transaction qui ne passe pas par une banque locale est considérée comme hors cadre légal.

Les prochaines étapes : coopération internationale

La Bolivie n’est pas seule dans cette transition. Elle a signé un protocole d’accord avec le Salvador, un autre pays latino-américain qui a adopté le Bitcoin comme monnaie légale. Leur objectif ? Échanger des données, développer des outils de surveillance et éviter les erreurs des autres.

Cela montre que la Bolivie veut être sérieuse. Elle ne veut pas juste autoriser les crypto. Elle veut les contrôler, les sécuriser, et les intégrer dans son système financier sans risque.

Que faire en 2026 si vous êtes un utilisateur bolivien ?

Si vous voulez trader en crypto sans risque :

  • Utilisez uniquement les services bancaires agréés (comme ceux de Banco Bisa).
  • Privilégiez les stablecoins (USDT, USDC).
  • Ne jamais utiliser de plateformes non régulées pour transférer des fonds vers l’étranger.
  • Ne pas utiliser les crypto pour payer des factures ou salaires sans passer par une banque.
  • Si vous faites du mining ou du staking, déclarez vos revenus et payez les 25 % d’impôt.
Le message est clair : la Bolivie n’a pas interdit les crypto. Elle a simplement mis un mur autour d’elles. Derrière ce mur, vous pouvez faire ce que vous voulez. Mais franchir ce mur, c’est prendre un risque légal.

Est-ce légal d’acheter du Bitcoin en Bolivie en 2026 ?

Oui, c’est légal d’acheter du Bitcoin ou toute autre crypto en Bolivie, mais seulement si la transaction passe par une banque ou un prestataire de paiement électronique agréé par la Banque centrale. Acheter directement sur une plateforme étrangère comme Binance sans passer par une banque locale est considéré comme une infraction et peut entraîner une enquête.

Les particuliers doivent-ils payer des impôts sur leurs gains en crypto ?

Non, les particuliers qui achètent et vendent des crypto-monnaies pour leur compte personnel ne sont pas soumis à l’impôt sur les gains en Bolivie. Cependant, si vous utilisez les crypto pour des activités commerciales - comme le mining, le staking ou la vente de services - vous êtes considéré comme une entreprise et devez payer 25 % d’impôt sur les bénéfices.

Quelles crypto-monnaies sont autorisées en Bolivie ?

Toutes les crypto-monnaies sont techniquement autorisées, mais seuls les stablecoins comme USDT (Tether) et USDC (Circle) sont largement acceptés par les banques. Les autres, comme Bitcoin ou Ethereum, peuvent être échangées, mais elles sont rarement traitées par les institutions financières en raison de leur volatilité.

Puis-je utiliser USDT pour payer mes employés en Bolivie ?

Oui, mais uniquement si vous utilisez un canal bancaire agréé. Vous ne pouvez pas verser des USDT directement sur un portefeuille privé. Le salaire doit être converti en bolivianos par la banque avant d’être versé au salarié. Le bolivien reste la seule monnaie légale pour les paiements de salaire.

Quels sont les risques si je trade sur une plateforme étrangère sans passer par une banque ?

Vous n’êtes pas arrêté, mais votre transaction est signalée comme suspecte. La banque peut bloquer votre compte, refuser de traiter vos futurs virements, ou signaler votre activité à l’Unité d’enquête financière. Si vous répétez l’infraction, vous pouvez être confronté à des sanctions administratives, voire à une enquête pour contournement du système financier.