Au Népal, posséder, échanger ou miner des cryptomonnaies n’est pas simplement risqué - c’est un crime pénal. Depuis 2021, le gouvernement népalais a renforcé son interdiction totale, et en 2025, aucune exception n’est accordée. Même si vous avez acheté du Bitcoin sur un échange étranger ou stocké des altcoins dans un portefeuille numérique, vous êtes en infraction. Et si vous êtes arrêté, vos actifs peuvent être confisqués - sans procès préalable.
Comment la loi népalaise définit les cryptomonnaies
La loi qui régit tout cela est le Muluki Criminal Code Act 2017, une loi pénale nationale qui classe toute forme de monnaie numérique comme un actif illégal. Selon l’article 262(A), une cryptomonnaie est définie comme toute information, code, jeton ou actif virtuel créé électroniquement par cryptographie, ayant une valeur commerciale ou capable de stocker de la valeur. Ce n’est pas une question de régulation : c’est une interdiction absolue. Il n’y a pas de licence, pas d’autorisation, pas de cadre légal pour les entreprises ou les particuliers. Rien.La Banque nationale du Népal (Nepal Rastra Bank) a répété à plusieurs reprises que les cryptomonnaies ne sont pas une monnaie légale. Elles ne sont pas reconnues comme moyen de paiement, ni comme actif financier. Cela signifie que tout transfert, échange ou utilisation de Bitcoin, Ethereum ou même de stablecoins comme USDT est illégal. Même si vous utilisez une cryptomonnaie pour payer un service en ligne, vous enfreignez la loi.
Les actifs peuvent être saisis sans procès
La loi népalaise ne prévoit pas de procédure spécifique pour la saisie des actifs numériques. Mais elle n’en a pas besoin. Les cryptomonnaies sont traitées comme des biens issus d’activités criminelles - exactement comme l’argent provenant de la drogue ou de la fraude. Le Muluki Criminal Code Act, permet la confiscation des biens liés à des infractions pénales. Si la police ou la Banque centrale découvre que vous avez utilisé des cryptomonnaies, ils peuvent bloquer vos comptes bancaires, saisir vos appareils (ordinateurs, téléphones, clés USB contenant des portefeuilles), et même confisquer des biens achetés avec des cryptos - une voiture, un appartement, ou un téléphone dernier cri.Il n’y a pas de procédure transparente. Pas de tribunal obligatoire. Pas de droit de défense garanti avant la saisie. Les autorités agissent sous le Anti-Money Laundering Act, qui donne un pouvoir large pour saisir des actifs soupçonnés d’être liés à des activités illicites. Et dans le cas des cryptomonnaies, la simple possession est souvent suffisante pour déclencher une enquête.
Les infrastructures bloquées et les personnes poursuivies
En 2021, l’Autorité népalaise des télécommunications (NTA) a bloqué plus de 200 sites web liés aux échanges de cryptomonnaies, aux plateformes de mining et aux portefeuilles en ligne. Ce n’était pas une mesure temporaire. Ces blocages sont toujours en vigueur en 2025. Si vous tentez d’accéder à Binance, Kraken ou Coinbase depuis le Népal, vous verrez un message d’erreur. Pas de contournement légal.Les arrestations sont rares, mais elles arrivent. En 2023, trois hommes ont été arrêtés à Kathmandu pour avoir transféré plus de 500 000 dollars en Bitcoin vers des portefeuilles étrangers. Leur compte bancaire a été gelé, leurs ordinateurs confisqués, et ils ont été accusés de blanchiment d’argent. Leur procès n’a pas encore eu lieu, mais leurs actifs sont déjà sous contrôle de l’État. Aucun tribunal n’a encore rendu de décision sur la restitution - et il est peu probable qu’ils la récupèrent un jour.
Pourquoi le Népal refuse les cryptomonnaies
Le gouvernement donne trois raisons principales : la protection de la monnaie nationale, la lutte contre le blanchiment d’argent, et la prévention des escroqueries.Le roupie népalaise (NPR) est fragile. Le gouvernement craint que l’adoption massive des cryptomonnaies ne déstabilise le système financier. Si les Népalais commencent à utiliser des cryptos pour acheter des biens ou envoyer de l’argent à l’étranger, cela pourrait entraîner une fuite de capitaux. Les réserves de change du pays pourraient s’épuiser.
Les cryptomonnaies ne laissent pas de trace bancaire. Elles ne passent pas par les systèmes de surveillance financière. Cela les rend idéales pour les trafiquants, les fraudeurs et les réseaux criminels. Le Népal, qui a déjà des problèmes de corruption et de blanchiment, ne veut pas ajouter un nouveau canal non contrôlé.
Enfin, les escroqueries liées aux cryptomonnaies sont fréquentes. Des projets de « mining » bidon, des ICO fantômes, des plateformes qui disparaissent avec l’argent des investisseurs - tout cela a déjà eu lieu dans le pays. Le gouvernement préfère interdire tout cela plutôt que de tenter de réguler ce qu’il considère comme un système dangereux.
Les conséquences pour les particuliers et les entreprises
Si vous êtes un particulier au Népal, vous ne pouvez pas légalement acheter, vendre, miner ou stocker des cryptomonnaies. Même avoir une clé privée sur votre téléphone peut être considéré comme une preuve d’infraction. Les banques surveillent les transferts vers des portefeuilles connus. Si vous êtes repéré, vous risquez une amende, la saisie de vos biens, et jusqu’à deux ans de prison.Les entreprises sont encore plus exposées. Une startup qui accepte des paiements en Bitcoin, même pour un service numérique, peut être fermée. Un développeur qui crée une application blockchain peut être accusé de faciliter des activités illégales. Il n’y a pas de « zone grise ». Tout est noir.
Les seules activités blockchain autorisées sont celles qui n’impliquent aucune monnaie numérique. Par exemple, utiliser la technologie blockchain pour suivre la chaîne d’approvisionnement agricole ou gérer les dossiers médicaux - tant qu’aucun jeton n’est émis, cela reste légal. Mais dès qu’un actif numérique entre en jeu, c’est fini.
Comment les autorités trouvent les portefeuilles
Les cryptomonnaies sont supposées être anonymes. Mais au Népal, elles ne le sont pas. Les autorités utilisent plusieurs méthodes :- Surveillance des transactions bancaires : les transferts vers des échanges étrangers sont suivis.
- Accès aux appareils numériques : lors d’une perquisition, la police peut exiger l’accès à votre téléphone ou ordinateur.
- Coopération avec des entreprises étrangères : certains échanges coopèrent avec les autorités népalaises pour identifier les utilisateurs.
- Analyses de chaînes de blocs : même si les adresses sont pseudonymes, les motifs de transaction peuvent être analysés et liés à des identités réelles.
En 2024, une enquête a permis de retracer 17 portefeuilles à des personnes en utilisant des transactions de moins de 100 dollars. Même les petites sommes sont surveillées. Il n’y a pas de seuil de sécurité.
Le Népal, un cas isolé en Asie du Sud
Le Népal est l’un des rares pays en Asie du Sud à interdire complètement les cryptomonnaies. L’Inde, le Bangladesh, le Pakistan - tous ont adopté des cadres réglementaires. L’Inde taxe les gains en cryptos. Le Bangladesh permet les transferts sous surveillance. Le Népal, lui, refuse toute forme d’ouverture.En 2025, seulement 12 % des marchés émergents imposent une interdiction totale - contre 19 % en 2023. Le Népal fait partie de cette minorité. Cela montre que son choix est politique, pas technique. Il ne s’agit pas d’un manque de compréhension de la technologie. C’est une décision délibérée de contrôler absolument le système financier.
Que faire si vous avez des cryptomonnaies au Népal ?
Si vous possédez des cryptomonnaies au Népal, vous avez trois options, mais aucune n’est sans risque :- Les conserver en secret - mais vous restez en infraction. Si vous êtes découvert, vous perdez tout.
- Les transférer à l’étranger - mais cela peut être détecté. Les banques et les autorités surveillent les transferts vers l’étranger.
- Les vendre en espèces - mais c’est illégal et dangereux. Une transaction en espèces peut être signalée comme blanchiment.
La seule solution sûre est de quitter le pays. Si vous êtes un investisseur ou un développeur, il est plus prudent de vous installer en Thaïlande, à Dubaï ou en Géorgie - des pays qui ont des lois claires sur les cryptomonnaies. Restez au Népal, et vous risquez de perdre votre argent, votre liberté, ou les deux.
Et l’avenir ?
Il n’y a aucun signe que le gouvernement népalais va changer d’avis. En 2025, la Banque centrale a publié un nouveau communiqué rappelant que toute activité liée aux cryptomonnaies est « un crime contre l’économie nationale ». Les amendes ont augmenté de 30 % l’année dernière. Les peines de prison sont désormais plus sévères.Les jeunes générations, elles, continuent d’utiliser les cryptos en secret. Des groupes sur Telegram, des échanges P2P en espèces, des portefeuilles cachés. Mais la pression augmente. Les arrestations deviennent plus fréquentes. Les autorités ont désormais des outils pour les repérer.
Le Népal n’est pas un pays où l’innovation technologique est encouragée dans le domaine financier. C’est un pays où le contrôle est la priorité. Et les cryptomonnaies, pour le gouvernement, ne sont pas une technologie. Ce sont une menace.
La saisie d’actifs crypto est-elle légale au Népal ?
Oui. Même si la loi ne décrit pas précisément la procédure, les autorités utilisent les dispositions du Code pénal et de la loi anti-blanchiment pour confisquer les actifs liés aux cryptomonnaies. La possession ou l’utilisation de cryptos est considérée comme une infraction pénale, ce qui permet la saisie des biens sans procès préalable.
Puis-je garder mes cryptomonnaies en toute sécurité au Népal ?
Non. Même si vous utilisez un portefeuille hors ligne (cold wallet), la simple possession peut être considérée comme une infraction. Les autorités peuvent perquisitionner votre domicile, saisir vos appareils, et exiger l’accès à vos clés privées. Il n’existe aucune protection légale.
Quelles sont les peines pour violation des lois sur les cryptomonnaies ?
Les peines incluent des amendes allant jusqu’à 500 000 roupies népalaises (environ 3 700 dollars), la saisie de tous les actifs liés, et jusqu’à deux ans de prison. Les cas de blanchiment d’argent peuvent entraîner des peines plus lourdes.
Les échanges de cryptomonnaies sont-ils bloqués au Népal ?
Oui. Depuis 2021, l’Autorité népalaise des télécommunications a bloqué plus de 200 sites d’échanges et de mining. Toute tentative d’accéder à ces plateformes depuis le Népal est bloquée par les fournisseurs d’accès Internet.
Puis-je utiliser la blockchain sans utiliser de cryptomonnaie au Népal ?
Oui. La technologie blockchain elle-même n’est pas interdite, tant qu’aucun actif numérique n’est impliqué. Par exemple, utiliser la blockchain pour suivre la chaîne d’approvisionnement, gérer des dossiers médicaux ou authentifier des documents est légal. Mais dès qu’un jeton, une monnaie ou un paiement en crypto est introduit, l’infraction est engagée.